Обложка трека Trois cents mètres — Болховитин Александр Павлович
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Болховитин Александр Павлович Trois cents mètres

Сингл · 2026

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Текст песни

Yo… écoute l'histoire, vraie, sans ballon
Quatre-vingt-seize, France, Coutances, pardon
Avec un gars du Donbass, on sort sur le gazon
Contre nous — dix Kényans… ha, rêve de con


Je monte sur la ligne, l’coach chuchote T’es prêt ?
À côté, Jénia — pas un pote d’salon, un gars des forêts
Soudain un bus arrive, ça sent la sueur noire
Dix enfumés descendent — chacun comme un obus, prêt à croire
On s'regarde Eh, Jénia, c’est foutu, mon frère
Contre ces mecs, on est des gosses face à des panthères
Ils nous zyeutent de travers Les blancs sont pas dans l’game
Mais on sait le drive russe — il tient dans l’corps, c’est pas un blâme


Trois cents mètres sur le gazon, l’arrivée dans la boue
Virage à quatre-vingt-dix — la tête tourne, je joue
Jénia souffle dans mon dos Bouge-toi, freine pas !
J’ai perdu de deux mètres — juste vingt dans la gadoue, pas à pas
Combien d’eux, les enfumés , on a laissés dans la poussière ?
Lui deuxième, moi troisième — grave ça sur la pierre


Le feu — je m'envole, la terre brûle sous la basket
Le Kényan est premier — il vole, pas touché l’herbe, casquet
Mais on laboure si fort qu’on crache des étincelles
On laisse leur volée dans la poussière — comme des taches sur des parchemins
Premier — eux Jénia deuxième Moi troisième, seul dans mon coin
On déchire la ligne sous les tribunes — c’est comme un besoin
Imagine un Russe et un Ukrainien, duo
Ils ont haché l’Afrique sur ce carreau — bingo
Pas l’or, mais l’argent et le bronze résonnent plus forts
Que l’ombre effacée d’un sprinteur qui s’endort


Trois cents mètres sur le gazon, l’arrivée dans la boue
Virage à quatre-vingt-dix — la tête tourne, je joue
Combien d’eux, les enfumés , on a laissés dans la boue
Quand avec Jénia on a pris deuxième-troisième — écris, avoue


Maintenant j’enclenche le flash-back Après, je suis venu à Slaviansk
Il organisait la fête pour les coureurs — son propre sabbat athlétique
Des championnats, sans lésiner ni force ni contacts
À l’époque, on savait pas que la vie mettrait nos pieds dans le pacte
Je regarde Loujniki — maintenant c’est du pop, pas de la course
Leps beugle sur la vodka, les pistes sont mortes, sans ressource
Dans les années 90, personne n’aurait vu notre cross, c’est vrai
Mais à Coutances, Jénia et moi, on a balancé la braise — sur le tempo, enivré


Yo Pote du Donbass Kényans Boue et herbe foulée
La ligne d’arrivée — pour nous deux, scellée
On n’est pas premiers, mais on est le feu
Tu te souviens, Jénia ? Trois cents mètres… et vingt mètres derrière — adieu

Le beat s’éteint

Non — le beat ne s’éteint pas !

Trente ans plus tard, tant de choses restent sous silence
Les gens se taisent, ils savent
Au Donbass, on meurt pour vivre — ils bavent
Sur le noir qui barbouille, les gens ouvrent les yeux, s’élèvent

J’sais, Jénia — t’es quelque part au Donbass
À l’hosto, tu remontes les mecs avec ton massage — sans trépas
J’ai vu leurs yeux, sans fard, sans fausse embellie
Quand sous tes doigts — tu ajoutes la douleur, puis la vie

À Moscou, à l’hôpital — ils m’ont viré Tu sais pas ?
Je soignais, je remettais sur pieds — et l’médecin, un fasciste, quel cas
J’ai déposé plainte au poste
Et à Moscou, le colonel — pourri jusqu’à l’os, pas d’ost

Entre nous — plus vingt mètres de finish
Entre nous — un mur d’abrutis
Dont les yeux sont barbouillés, le cerveau d’un demi-singe
Et un fossé profond, invisible — qui nous ronge

Les dirigeants des pays se sont barbouillés
Trois générations de péchés et de sang versé
Et les gens ? Quoi, les gens ? Pas repentis ?
Au lieu de vivre, ils partent au combat — fendus, transis

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